J’ai demandé à la grande étendue bleuâtre qui fredonnait ses clapotis sur le sable, qui es-tu ? Elle m’a répondu je suis la mer et en un seul mot j’ai compris la vague, j’ai réalisé l’écume des tempêtes, j’ai vu les poissons nager, j’ai senti l’iode et l’odeur des algues, j’ai ressenti les embruns sur ma peau, entendu le vent dans les voiles du bateau et j’ai vu se noyer le soleil au bruit des marées…
J’ai demandé au tronc brunâtre auréolé de sa verdure, qui es-tu ? Il m’a répondu ; je suis l’arbre et en un seul mot, j’ai compris le rougeoiement de l’automne, j’ai entendu le chant de l’oiseau, senti les racines agrippées à la mère nourricière, les bras tendus suppliant l’azur infini, j’ai vu la vie mourir pour mieux renaître au gré des saisons, j’ai deviné le vent au tremblement de la feuille et fini par goûter la bonté de la pluie…
J’ai demandé à l’étendue imposante qui s’élevait devant moi, qui es-tu ? Elle m’a répondu je suis la montagne et en un seul mot j’ai compris la majesté et l’humilité en même temps, j’ai vu miroiter l’éclat des neiges éternelles, j’ai entendu le silence qui s’enivrait du chant du vent, j’ai vu tournoyer l’aigle et l’eau fracasser la roche pour déverser la vie jusque dans la mer qui retrouvait enfin son enfant perdu…
J’ai demandé à la voûte au dessus de ma tête, qui es-tu ? Elle m’a répondu je suis le ciel, et comme un seul mot le bleu m’envahit alors jusque dans le blanc des yeux où miroitaient les étoiles. J’ai entendu le chant céleste où l’horizon liait la terre au ciel comme se liaient les âmes aux corps tout comme se liaient les nues à l’herbe des montagnes. Oui, toute chose était liée à une autre, comme chaque commencement se liait inexorablement à une fin, tout comme le jour dépeçait la nuit de sa peau d’ébène sous le regard impassible du soleil …
J’ai demandé à la bête qui mangeait l’herbe de la montagne sous l’ombre d’un arbre en rêvant d’effluves marins, qui es-tu ? Elle m’a répondu je suis le cheval et en un seul mot j’ai vu le galop du temps, les plaines poussiéreuses, la sueur des batailles et les cris renouvelés d’innombrables conquêtes
J’ai demandé à ceux qui me ressemblent qui êtes vous ? Je n’ai eu aucune réponse précise…
L’un se qualifia à moi par sa croyance…sans pouvoir trouver le mot je n’y ai vu que croisades et bain de sang…
Un autre se qualifia à moi par la couleur de sa peau…sans pouvoir trouver le mot je n’y ai vu qu’exclusion, larmes, désir de vengeance et bain de sang…
Un autre par son appartenance à une puissante nation…sans pouvoir trouver de mot je n’y ai vu qu’arrogance, volonté de puissance et bain de sang
Un autre encore se qualifia à moi par son opinion politique…sans pouvoir trouver le mot je n’y ai vu qu’entêtement, rêve de domination, pouvoir et toujours la toile rouge qui le liait à tous les autres par le sang…
Je viens de nulle part. je ne sais où je vais…et lorsque fatigué de me chercher une raison je m’arrêtai et me penchai pour boire l’eau limpide de la rivière celle-ci me murmura ce mot que je cherchais, en même temps qu’elle me renvoyait l’image tremblotante de mon reflet : « Tu es l’homme ! »






tu es l’homme envahi par le ciel, qui a voit la mer, comprend l’arbre, ressent la montagne, murmure à l’oreille du cheval et parle aux hommes, même à ce qui ne savent pas parler, tu es le lien.
mais aussi commenté, par celle qui sait pas trop commenter tout ça, la prochaîne fois please, termine le tout avec une question râcoleuse avec une petite brêche dedans.
sublime…:))
voisine mais je ne suis que brèches sous ma cuirasse fissurée d’où s’écoule la marinade de ma vie…:)
“(…)Je viens de nulle part. je ne sais où je vais…”
J’ai posé la meme question à ma mère et elle m’a simplement répondu :”Tu es mon fils, ton éducation était mienne et tes choix sont les tiens. Ainsi tu suivras
tout seul ta trajectoire de vie au sein
de l’humanité”. C’est à cet instant là
que j’ai compris que le cordon ombilical
a été rompu pour “m’offrir” à la vie…
la question “identitaire” devient cruciale dans le monde qui se prépare.Elle sera certainement le vecteur essentiel de paix ou du chaos et vu comment elle est manipulée par bon nombre d’esprits “claniques” c’est beaucoup plus la deuxième option qui risque de s’affirmer…
Ce qu’on oublie facilement c’est qu’on partage le meme bus pour le meme terminus in fine : le cimetière -mortalité oblige d’où le carpe diem vivement conseillé à la plébe terrestre-
“Pour hurler, ça nous avons hurlé. Nous hurlâmes comme nous n’avions jamais hurlé dans toutes nos anales… fissurées. Nous avons hurlé toutes les atrocités commises au nom de la liberté, de la démocratie, du nationalisme aveugle, de la religion, de la bêtise humaine. Nous avons hurlé la victoire prochaine de la grande nation américaine qui contrasterait amèrement avec la grande défaite de l’humanité toute entière, désormais incapable d’empêcher la multiplication des génocides. Nous avons hurlé notre erreur de croire que le totalitarisme planétaire viendrait de l’est. J’ai hurlé ma terreur de devoir remédier à la pénurie en indiens pour des cow-boys à la gâchette facile pendant que Max hurlait de devoir sans arrêt symboliser les “sharoneries” des élus de son peuple. Nous avons hurlé des jours durant jusqu’à ne plus savoir la raison de nos hurlements, puis nous nous sommes mis à hurler de douleur tout simplement.”
http://www.kbaratinage.com/?p=54
dima, t’as le don de remuer le couteau dans les plaies de la mémoire
Pauvre Max… depuis il a fait son alya
je n’en pense pas moins ô toi que j’usurpe sans vergogne
)
http://mzabi.wordpress.com/2012/04/20/qui-va-la/