Nous étions nombreux, assis autour d’une table…je ne sais même plus quelle occasion nous réunissait là… réunir est sans doute un peu complaisant car à bien y regarder, nous étions tous là, comme des filaments d’un tissage ignorant de lui-même.
En face de moi, dans une robe anthracite, une femme à l’allure raide ou plutôt aride, (mais quelle importance puisque ce sont les mêmes lettres), m’observait depuis un court instant. Elle semblait de granit et je fus donc surpris lorsque ses lèvres frémirent et qu’il s’en échappa la phrase, ô combien conventionnelle :”et vous, que faites-vous dans la vie.”
Je ne pus que laisser quelques points de suspension, abritant discrètement la désapprobation que m’inspirent les rencontres avec l’autre qui se résument à l’évaluation de leur savoir-faire…
Un peu par provocation, un peu par honnêteté, je lui répondis que je m’attelais à l’écriture de quelques poèmes.
“vous appelez ça des poèmes parce que vous trouvez ça beau ou parce qu’on ne comprend pas toujours?“
sa question m’apparut soudain infiniment triste…Qui avait bien pu froisser les ailes de cette femme au point d’en faire cet asile d’où elle semblait ne plus pouvoir s’échapper?
Comment lui dire que la poésie est comme une parole blessée, une parole interrompue. Comment lui faire sentir qu’elle est ce tâtonnement obstiné d’un verbe qui lutte contre l’érosion de la pensée. Qu’il y a dans chaque mot un tressaillement englouti que vient révéler une rencontre provisoire. Le langage imagé est souvent une alliance si vulnérable, si inutile qu’il peut ouvrir une trouée dans nos ciels obscurcis. Ces mots sont poussière, buée, lueurs vibrantes de rosée et leurs paysages sont les messagers du silence.
Je ne connais rien de la beauté… je crois seulement à une intuition de la beauté. Une intuition ou plutôt une intussusception de l’inaccessible; un engendrement par le logos, rendu possible par un esprit plus perméable. Une sorte de porosité de la peau, à ce qui l’informe dans une caresse sans cesse renouvelée. Le reste, sitôt que l’artiste se croit au centre de son œuvre, n’est qu’une affaire de goût ou de mode, mais peut-être pas de beauté.
Quant à ce que l’on ne comprend pas toujours, serait ce l’apanage de la poésie, seule? Ou la vie tout entière pourrait-elle être poésie?…
Je répondis finalement à cette femme, au plus proche de ma réalité: “je les appelles des poèmes parce que ce sont des lettres d’amour“.
kb…peau d’âme
NB : édité initialement en juin 2005









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14 July 2010 at 15:20
je te kiffe kb!
je déprime grave si tu savais mais j’ai aimé lire ça…
continue à écrire comme ça; je suis fière de toi
14 July 2010 at 20:02
Tu aurais du lui en écrire un…elle en avait besoin..
14 July 2010 at 23:45
m’enfin kb ! en voilà une qui drague très mal ! fallait être direct et lui envoyer la mayonnaise ! ”mais vous n’avez aucune idée à qui vous vous adressez ! un vers de ma poésie, et vous mouillez grave, vous oreilles jouissent, vous serez les fesses, vos mains tremblent, vous perdez la voie, votre coeur bat la chamade, les bouffées de chaleurs vous envahissent, la fièvre vous habite, et vous perdez presque connaissance
un deuxième vers et vous demandez le divorce ou la rupture de votre conjoint, vous payez la note du restaurant et vous me faites une proposition indécente sur le champs !
et si par malheur vous demandez un troisième vers, vous vous tranchez la main avec le couteau a steak, votre lifting disparaît, votre peau se crispe, la silicone fond et jaillit de partout, vous vous videz de vos fluides, votre cul devient aussi sec qu’une figue, les chèvres voudront vous brouter le dérrière
et vous avez pas besoin de comprendre en plus
)) ”
eh dis, heureusement que tu lui a pas dit tout ça! sinon c’est tes couilles à l’aubergine gliglia que t’aurais bouffé ce soir là !:))
16 July 2010 at 08:38
benji, comme l’a dit Danton…c’est vrai qu’il a perdu la tête après au delà de la métaphore, mais bon….
“de l’audace, encore de l’audace, et toujours de l’audace, et les aubergines gliglia sont sauvées !”